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Le bouddhisme est l’un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au 6e siècle av. J.-C.. Il est fondé sur un triple socle appelé les Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans Gautama Bouddha (le fondateur du bouddhisme), dans le Dharma (la doctrine du Bouddha) et dans le Saṅgha (la communauté des fidèles pour certains, l'Ordre monastique pour d'autres).

La difficulté de définir le bouddhisme à l’aide de catégories classiques, fait qu’il est souvent considéré comme une philosophie ou une religion.


Le Dharma, ou les préceptes fondamentaux de l'enseignement du BouddhaModifier

Les quatre nobles véritésModifier

Les quatres nobles vérités (cattāri ariyasaccāni) :

  1. dukkha : toute vie implique la souffrance, l'insatisfaction ;
  2. samudaya : l'origine de cette souffrance repose dans le désir, les attachements ;
  3. nirodha : la fin de la souffrance (nibbana) est possible ;
  4. magga : le chemin menant à la fin de la souffrance est la voie médiane, qui suit le noble sentier octuple.

Les trois caractéristiques de l'existenceModifier

« Tout phénomène conditionné est insatisfaisant, tout phénomène conditionné est éphémère et toute chose est sans soi. »

  • Le non-soi (anatta), ou interdépendance ou encore impersonnalité : de l'atome à l'univers - en passant par les êtres humains et leurs états d'esprit - il n'y a rien qui ait une existence indépendante et réelle par lui même.
  • L'impermanence (anitya) : tout est constamment changeant, tout est flux, rien n'est figé une fois pour toutes.
  • La souffrance (dukkha), ou insatisfaction : ce n'est pas que la souffrance physique ; du fait de l'impermanence des choses, rien ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive.

Ces trois caractéristiques de l'existence conditionnée sont universelles, et connues une fois développée la vision directe de la réalité (vipassana). Pour ce faire, il faut suivre un entraînement au développement de notre vigilance (satipatthana). L'être humain n'est donc pas une chose en soi, une entité indestructible contenant une étincelle divine (malgré l'illusion qu'ils en ont), mais la composition impermanente des cinq agrégats que sont la forme (ou corporéité), les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Ces agrégats (skandhas) sont impermanents car soumis eux aussi à la « coproduction conditionnée » (pratîtya-samutpâda), selon laquelle tout a un ensemble de causes et un ensemble de conséquences. Pour les bouddhistes, le moi n'est donc que vacuité (shûnyatâ). À noter que Nibbana (en sanskrit nirvāna) échappe aux caractéristiques de souffrance et d'impermanence. A contrario, il n'est pas un « en soi » (atmân).

Les trois racines du mal, ou « trois poisons »Modifier

Les trois poisons de l'esprit peuvent être dénommés ainsi :

  • Avidité,
  • Colère,
  • Ignorance ou Indifférence (selon la traduction).

Le Bouddha estimait que les causes de la souffrance humaine proviennent de l'incapacité à percevoir correctement la réalité. Cette ignorance (qui, aussi curieux que cela puisse paraître, est une émotion, un facteur mental perturbateur) et les illusions qu'elle provoque conduisent à l'avidité des hommes, à leur désir de posséder davantage que les autres, à l'attachement et à la haine éprouvés pour des personnes ou pour des choses.

Sa philosophie est telle que : la souffrance nait du désir ou de l'envie. En les supprimant tout deux il a reussi à atteindre le nirvāna : l'envie engendre le désir. Le désir, si non perçu, engendre la tristesse, la frustration et la colère.

Les renaissancesModifier

À cause des trois poisons d'une part, et de la coproduction conditionnée d'une autre, les hommes sont amenés à renaître dans le Saṃsāra (le cycle des renaissances). Le "monde" (Loka) dans lequel ils renaîtront dépendra de leur karma, c'est-à-dire de leurs actions. Cette renaissance ne fait donc que prolonger indéfiniment la souffrance (« n'en avez-vous pas assez de gorger les cimetières ? » dit un texte). À noter que conformément au non-soi, ce n'est ni le même, ni un autre qui renaît (ce n'est pas, comme dans d'autres religions, une âme immortelle qui se « réincarne »). Le Bouddha propose de se réveiller de ce cauchemar, de chasser les nuages de la confusion et de l'illusion pour être illuminé par la réalité. Ainsi, la souffrance et le cycle karmique seront brisés. Il définit le but ultime de son enseignement comme étant « la délivrance », le « dénouement », « la libération de la souffrance » ou nirvāṇa.

Une théorie centrale de la pensée bouddhique explique la cause de dukkha : la coproduction conditionnée, appelé comme le Pratītya Samutpâda. Ce terme signifie littéralement « l'origine d'une action ».

Le bouddhisme indique que chacune de ces causes donne suite à la prochaine, jusqu'à ce que la cause de la douzieme retourne à la première. Ce cycle de naissances et de décès ne s'arrête que lorsque l'on a atteind le nirvāṇa.

L'éthique bouddhique et les préceptesModifier

Dans le bouddhisme, l’éthique est basée sur le fait que les actions du corps, de la parole et de l’esprit ont des conséquences pour nous-mêmes et pour ce qui nous entoure, les autres comme notre environnement. Il y a deux sortes d’actions, les actions kusala (mot pali signifiant sain, habile, favorable, positif) et les actions akusala (malsain, malhabile, défavorable, négatif).

Les actions malhabiles sont celles qui prennent leurs racines dans les trois poisons de base: l’avidité, l’aversion et la confusion mentale ou l’ignorance. Elles tendent à avoir des conséquences mauvaises pour nous ou pour les autres. Les actions habiles sont celles qui sont exemptes d’avidité, de haine et de confusion mentale et qui, au lieu de cela, sont motivées par la générosité, par l’amour et la compassion et par la compréhension. Elles tendent à avoir des conséquences positives pour nous ou pour les autres. Dans le bouddhisme, une action n’est donc ni bien ni mal en elle-même, mais est favorable ou défavorable selon la motivation et l’état d’esprit qui la sous-tend.

Ces principes sont déclinés dans des préceptes, qui ne sont pas des règles d'interdits, mais des guides de comportement éthique face auxquels nous pouvons nous mesurer et progresser. Ils peuvent aussi être vus comme le mode de fonctionnement naturel d'une personne éveillée.


Les 9 préceptesModifier

  • Avec des actions bienveillantes, je purifie mon corps,
  • Avec une générosité sans réserve, je purifie mon corps,
  • Avec calme, simplicité et contentement, je purifie mon corps,
  • Avec une communication véritable, je purifie ma parole,
  • Avec des paroles salutaires et harmonieuses, je purifie ma parole,
  • Avec des mots bienveillants et gracieux, je purifie ma parole,
  • Abandonnant la convoitise pour la tranquillité, je purifie mon esprit,
  • Changeant la haine en compassion, je purifie mon esprit,
  • Transformant l’ignorance en sagesse, je purifie mon esprit.

Interprétation des préceptesModifier

Ces préceptes ne sont pas des règles absolues, mais des guides de comportement éthique. L'application de certains d'entre eux varie selon les personnes, bien entendu, mais aussi selon les traditions. Si l'on considère la liste des préceptes, c'est en particulier le cas :

  • Du premier précepte. Pour certains, ce précepte (qu'on le prenne dans sa formulation positive ou sa formulation négative) implique de façon certaine le végétarisme, pour d'autres non. Il est à noter que dans leur contrée, les Tibétains ne le pratiquaient pas : ceci est probablement dû au fait que l'élevage était une source de mise en valeur de terres difficiles à cultiver. Cependant, un certain nombre de ceux qui de nos jours pratiquent le bouddhisme tibétain en Occident sont végétariens.
  • Du dernier précepte. Pour certains, ce précepte, en particulier si on le considère dans sa forme positive d'attention et de prise de conscience, implique l'abstention totale de boissons alcoolisées, de drogues, de tabac, qui tous diminuent la prise de conscience et développent l'avidité ou l'attachement. Pour d'autres, qui s'attachent sans doute plus à la lettre qu'à l'esprit du précepte (ou pour des traditions qui au fil des siècles se sont éloignés de l'esprit pour s'attacher à la lettre du précepte), l'ingestion d'une petite quantité d'alcool est possible, tout comme la consommation de cigarettes ; ainsi par exemple, ces dernières font fréquemment partie des offrandes données aux moines à Sri Lanka.

L'éveil (bodhi)Modifier

Pour les theravadins, l'éveil est la compréhension parfaite et la réalisation des quatre vérités (il s'agit de se réveiller du cauchemar à répétition des renaissances successives) et de faire jaillir la vérité. Pour les adeptes du Mahayana en revanche, l'éveil a plus à voir avec la sagesse et la prise de conscience de sa propre nature de Bouddha. L'éveil permet à l'homme d'entrer dans le nirvāṇa, puis d'atteindre à sa mort le parinirvāṇa(extinction complète). Le cycle karmique est donc brisé à jamais.


Le Bouddhisme dans le monde (la Saṅgha)Modifier

Les évaluations du nombre de bouddhistes oscillent entre 230 et 500 millions, généralement autour de 350 millions. Depuis la mort du Bouddha, la Saṅgha s'est divisée en de nombreux courants et écoles.

Il y a deux branches principales de bouddhisme : le Hînayana (« Petit Véhicule », « Petit Groupe », terme parfois péjoratif ou « Véhicule de base » ; voir aussi Theravâda) et le Mahâyâna (« Grand Groupe » ou « Grand Véhicule »). Le Theravâda (Voie des anciens), seule branche du « Petit Véhicule » à avoir survécu, correspond au bouddhisme des origines. C'est le plus répandu au Sri Lanka, au Myanmar, en Thaïlande, au Laos et au Cambodge, tandis que le Mahâyâna, forme ultérieure et plus populaire, est plutôt répandu en Chine, au Japon, en Corée et au Tibet. Le Zen et l'amidisme sont les subdivisions les plus connues du Mahâyâna. Le tantrisme tibétain ou Vajrayâna (véhicule de diamant) est tantôt cité comme une troisième branche de Bouddhisme, tantôt comme un courant du Mahâyâna. La version japonaise du bouddhisme tantrique est le Shingon.

À la mort du Bouddha, le bouddhisme se sépara en plusieurs écoles (appelées nikâya). Des désaccords, qui furent largement constatés lors du troisième concile (vers 250 avant J.-C.), ne tardèrent pas à survenir et menèrent à une scission. Les Anciens (Thera) voulaient rester (ou retourner) au plus près des préceptes du Bouddha, quand leurs opposants, réunis au sein de la Grande Assemblée, cherchaient à se démarquer de ce « conservatisme » et à adapter l'enseignement du Bouddha pour le rendre plus accessible. C'est ainsi que se forma le Grand Véhicule (Mahâyâna), tandis que le mouvement adverse fut appelé (de manière péjorative) Hînayâna (petit véhicule). Ce dernier se diversifia encore en différentes écoles, dont une seule existe encore : le Theravâda (ce qui explique qu'on emploie aujourd'hui un terme pour l'autre). Il ne faut cependant pas exagérer la rupture, qui du reste s'est faite progressivement (les deux types de moines habitant souvent les mêmes monastères).

Il existe aujourd'hui un certain nombre de mouvements en Asie et en Occident cherchant à « moderniser » le bouddhisme. Bien que ces minorités soient parfois regardées comme déviant des enseignements réels du Bouddha, d'autres soutiennent qu'elles représentent les pensées et la philosophie d'une quantité considérable de bouddhistes, en particulier les jeunesses bouddhistes habitant en Asie. Les principaux mouvement concernés sont le bouddhisme évangélique et le Véhiculisme universel.

Voir aussi un article illustré sur Bouddhisme

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